Attention aux fausses solutions !

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Déconstruisons les mauvaises idées et les fausses solutions !

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Transition, Énergies "propres", croissance "verte",

développement "durable", économie "circulaire", "neutralité" carbone.

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Ces expressions à la mode sont pour le moins paradoxales.

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La Transition n'est pas la solution !

1. La transition n’a jamais réellement commencé

Une transition doit nécessairement avoir un début. Or, loin de se substituer les unes aux autres, les énergies se sont toujours… additionnées ! Ainsi, le pétrole n’a jamais remplacé le charbon, pas plus que le nucléaire n’a remplacé le pétrole. Autant le dire tout de suite, celles et ceux qui imaginent que les énergies renouvelables vont finir par remplacer le pétrole se trompent. 

Le mix énergétique mondial n’a pas évolué depuis… 1980. Selon le World Energy Outlook publié par l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) en 2017, les énergies fossiles fournissent toujours l’essentiel de la consommation d’énergie de l’humanité, soit 82% : 32% pour le pétrole, 28% pour le charbon et 22% pour le gaz naturel. Le nucléaire représente 5%, l’hydroélectricité 2%, les biocarburants et les déchets 10%. Les énergies renouvelables (solaire et éolien principalement), quant à elles, ne couvrent que… 1% de la consommation mondiale. Ainsi, malgré leur développement, leur proportion dans le mix énergétique n’évolue pas car, dans le même temps, les énergies fossiles continuent d’être utilisées toujours en plus grande quantité.

Par ailleurs, comme nous l’avons vu, la fin du pétrole s’accompagnera inévitablement de la fin des autres énergies puisque, sans pétrole, leur extraction, leur raffinage, leur transformation et leur transport sont tout simplement impossibles !

2. Nous n’avons plus le temps !

Une transition, cela implique nécessairement du temps. Or, nous en manquons cruellement… Aujourd'hui, il nous faut aller vite et changer radicalement à peu près tout. Nous proposons donc de remplacer l’expression "Transition écologique" par celle de "Rupture écologique" !

3. L’objectif n’est pas le bon

Une transition, c’est le passage d’un état A à un état B. Dans la transition telle qu’elle est plébiscitée, promue et faussement amorcée, l’état A correspond à notre Système extractiviste-productiviste-consumériste, capitaliste, néolibéral et mondialisé, carburant principalement aux énergies fossiles. L’état B visé ne se distingue de l’état A que par son seul caractère décarboné - les énergies renouvelables remplaçant les énergies fossiles - sans aucune remise en question de la dimension terriblement destructrice de notre civilisation pour la vie sur Terre. Et le comble est que les énergies renouvelables sont aussi sales et toxiques que les énergies fossiles, comme nous le verrons plus loin.

La transition tant vantée par les écologistes de tout poil et les militant·e·s du mouvement climat est purement énergétique. Pas si surprenant puisque leur combat se réduit à lutter contre le réchauffement climatique.

L’ambition d’une véritable transition digne de ce nom aurait dû être globale, systémique, sociétale, pour passer de notre société écocidaire, socialement inégalitaire et faussement démocratique à une société respectueuse de l’ensemble du vivant, humainement juste et enfin réellement démocratique. Cette transition aurait dû commencer dès la publication du Rapport Meadows en 1972. 50 ans plus tard… il ne s’est rien passé et nous n’avons plus une minute à perdre. 

 

Pour construire une toute nouvelle société, il va nous falloir abandonner cette lamentable transition pour une puissante et radicale révolution ! 

NON aux énergies "propres" !

 

1. Aucune énergie ne s’est jamais substituée à une autre… elles s’additionnent !

 

2. Remplacer les énergies fossiles par les énergies renouvelables est impossible !

Les énergies "renouvelables" ont une densité énergétique, une puissance, infiniment plus faible que les énergies fossiles.

Les énergies "renouvelables" sont intermittentes (il n’y a pas de soleil la nuit et le vent ne souffle pas en permanence) et présentent un problème de stockage

Les énergies "renouvelables" nécessitent du… pétrole pour l’extraction et le raffinage des matériaux, des énergies fossiles pour la fabrication des éoliennes, des panneaux photovoltaïques et des batteries électriques, et à nouveau du pétrole pour leur acheminement à destination finale.

Or, il ne reste pas assez d’énergies fossiles pour développer massivement les énergies renouvelables de façon à compenser le déclin annoncé des énergies fossiles ! 

Viser 100% d’énergies renouvelables en 2050 est tout simplement impossible !!!

  

3. Aucune énergie n'est "propre" ! 

En effet, si le soleil ou le vent sont bien "renouvelables" et infinis, il n’en est rien des matériaux, métaux ou minéraux qui entrent dans la composition des panneaux photovoltaïques, des éoliennes ou des batteries des voitures électriques. Et si ces sources d’énergie "verte" n’émettent aucune pollution, aucun gaz à effet de serre, lors de leur fonctionnement, c’est oublier un peu vite celle bien réelle à l’origine et à l’issue de leur cycle de vie.

L’exploitation de ces matériaux (silicium, cuivre, verre et aluminium pour le photovoltaïque ; acier, béton, carbone ou fibre de verre pour les éoliennes ; métaux rares pour les batteries des voitures électriques, le stockage de l'éolien offshore et du solaire, mais aussi la technologie photovoltaïque du film mince...) est catastrophique pour l’environnement.

Par exemple, pour séparer les métaux rares présents en infime quantité de la roche non exploitable, il faut de très grandes quantités de solvants chimiques rejetés dans la nature... À la fin du XXème siècle, pour mettre fin à la pollution dramatique des sols et de rivières, les États-Unis et… la France ont stoppé l'exploitation de ces métaux rares présents sur leurs territoires. C'est alors que la Chine et la République démocratique du Congo s'en sont emparés, au détriment de leur environnement... et de celui de la planète. La Chine a fait de l’exploitation des métaux rares un formidable moyen de pression économique sur l'ensemble du monde. 

En ce qui concerne le solaire, le passage du quartz dans lequel est contenu le silicium aux modules photovoltaïques nécessite de nombreuses étapes qui une fois encore a une empreinte écologique aussi destructrice qu’énergivore : carbo-réduction du quartz pour obtenir le silicium, raffinage, cristallisation, découpe en plaquettes, fabrication de cellules et assemblage en modules. 

N’oublions pas non plus que, de l'extraction des matériaux à la fabrication des panneaux photovoltaïques, éoliennes et batteries électriques, en passant par leur acheminement, les différentes opérations sont très énergivores et donc dépendantes... du pétrole avec toutes les émissions de carbone associées. Si nous ne les subissons pas chez nous, elles existent bien quelque part et contribuent activement au réchauffement climatique de notre toute petite planète. 

En outre, ces énergies étant intermittentes par nature, leur stockage nécessite des infrastructures, elles aussi très énergivores et polluantes dans leur conception.

Enfin, ces métaux ne sont pas recyclés ou si peu (- de 1%) ... Les appareils qui en utilisent, comme nos joujoux électroniques par exemple, finissent bien souvent dans des décharges à ciel ouvert au Ghana où ils attendent impatiemment les futures batteries de nos Tesla, ZOE et autres BMW i3. Plutôt que de les recycler nous-mêmes dans nos pays occidentaux consommateurs, nous préférons envoyer nos déchets électroniques hautement toxiques vers de lointaines latitudes où ils seront dépiautés par de jeunes enfants et adolescents au péril de leur santé, de leur vie.

Il est donc un peu facile, pour ne pas dire complètement hypocrite, de qualifier ces énergies de "propres" et totalement illusoire de lutter contre le réchauffement climatique en remplaçant par exemple les voitures thermiques par des voitures électriques. Les voitures électriques sont tout aussi polluantes que les voitures thermiques. Chaque nouvelle voiture est une voiture de trop !

Il ne s'agit plus aujourd'hui de nous demander quelle énergie utiliser, mais bien comment nous en passer !

Il est grand temps de passer d'une logique de remplacement à une dynamique d'abandon en passant par une phase – la plus courte possible - de descente énergétique (déjà engagée) et donc forcément de sobriété.

Comme le rappelle fort judicieusement Yves Cochet dans son livre "Devant l’effondrement" es seules et uniques vraies énergies de demain sont celles d'hier :

1. nos muscles,

2. la traction animale (à condition d'être OK avec le principe et sans doute en échange d'autres services à rendre aux animaux non humain),

3. le bois, le charbon de bois, le vent et l'eau, le biogaz.

« Si l’effondrement systémique mondial imminent n’entraîne pas la disparition de l’espèce humaine, les habitants de la France dans la seconde moitié du XXIème siècle pourraient bénéficier de trois sources principales d’énergies renouvelables thermiques, produites localement : le bois de chauffage, le charbon de bois et le biogaz. Complémentairement, la domestication élémentaire de l’eau et du vent (roues à aube, moulins à vent), ainsi que l’utilisation d’animaux de trait (bœufs et chevaux), pourraient fournir un peu d’énergie mécanique. » Yves Cochet – "Devant l’effondrement – Essai de Collapsologie"

 

NON à la croissance "verte" !

1. Aucune croissance n’est verte, toute croissance est une arme de destruction massive du vivant et de notre maison !

Qu’elle carbure aux métaux rares plutôt qu’aux énergies fossiles n’y change strictement rien. Toute croissance se base sur l’épuisement inéluctable des ressources non renouvelables et sur la surexploitation des ressources renouvelables, à un rythme trop soutenu pour permettre leur régénération. Toute croissance s’accompagne du rejet inévitable de pollution et de déchets inhérent·e·s à la transformation de matériaux, à la production de biens et de services, au transport des marchandises… Toute croissance entraîne des dégâts irrémédiables. L’addition de ces trois typologies d’impacts constitue notre empreinte écologique. 

 

2. Notre empreinte écologique ne peut pas durablement dépasser la biocapacité de la planète. 

Or, malheureusement, c’est déjà le cas depuis 50 ans ! 

 

3. Tout découplage entre l’économie et l’écologie est impossible !

Il est ainsi impossible de poursuivre une croissance "verte" tout en réduisant notre empreinte écologique.

Il est tout aussi impossible de viser une croissance du PIB tout en réduisant notre consommation énergétique.  

 

4. La fausse équation Croissance = emploi + bien-être + réduction des inégalités

Forgée par la révolution industrielle et boostée de manière fulgurante par les Trente glorieuses, le mythe de la croissance infinie, cette religion de la démesure a profondément inscrit dans nos boites crâniennes – c’est encore plus vrai chez les économistes et celles et ceux qui nous gouvernent – une équation totalement erronée : Croissance = emploi + bien-être + réduction des inégalités. Cette équation ne s’est vérifiée que de manière conjoncturelle pendant la période séparant l’après-guerre du premier choc pétrolier. 

La croissance s’est révélée depuis les années 70 massivement destructrice d’emploi(s) pour 3 raisons : 1. les licornes de l’économie immatérielle ont besoin de moins de ressources humaines, 2. la robotisation détruit des millions d’emplois, 3. Les règles de la comptabilité considèrent les salaires comme un coût qu’il convient de minimiser et les dividendes versés aux actionnaires comme des parts de profit qu’il convient de maximiser.

Et les deux autres éléments de l’équation sont eux aussi gravement altérés. Les inégalités ont littéralement explosé et ne font que s’accroitre. Quant au bien-être, avouons-le, il est bien loin d’être au rendez-vous, malgré les promesses du récit dominant actuel.

 

Plutôt que de créer des emplois "classiques" pour développer les énergies renouvelables et poursuivre notre entreprise collective de destruction massive du vivant sur Terre, nous ferions mieux de confier un travail, une mission, au plus grand nombre, en créant de nouveaux métiers pour nettoyer, réparer et dépolluer notre maison tout en laissant au maximum les différentes formes d'énergies dans le sol. 

 

Seule une véritable décroissance - ou "post-croissance" - choisie (avant qu’elle ne soit subie) permettra de préserver les conditions d’habitabilité de notre planète. 

NON au développement "durable" !

Les deux termes de cette expression semblent pour le moins antinomiques, surtout sur une planète aux ressources finies. Pourtant, le développement durable eut été envisageable dans les années 1970 si l'humanité tout entière avait modifié radicalement son mode de vie et diminué drastiquement son train de vie pour les rendre soutenables en maintenant notre empreinte écologique sous la biocapacité de la Terre. Pour y parvenir, il nous eut fallu abandonner au passage nos délires de confort consuméro-matérialiste. Évidemment, il n'en fut rien !

 

Aujourd'hui, le développement n'est plus possible et sa durabilité encore moins puisque l'effondrement est en cours et que la biocapacité de notre planète est dépassée depuis… les années 1970. Cela fait donc 50 ans que nous vivons à crédit.

« Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence des petits systèmes résilients. » Dennis Meadows lors de sa tournée européenne en 2011-2012

Nous proposons donc de remplacer l’expression "Développement durable" par "Frugalité durable" ou "Sobriété durable" !

NON à l'économie "circulaire" !

 

Une économie fonctionnant en boucle et qui du coup ne créé aucun déchet, en voilà une idée lumineuse ! Oui, mais non. Car, pour mettre en place une telle dynamique censée être "vertueuse", une entreprise commence forcément par produire de nouveaux biens à partir de matières premières. Et même si ces biens s’inscrivent ensuite dans une logique de recyclage, encore faut-il que la totalité des biens produits soit récupérée. Sans oublier, que si certains matériaux sont recyclables, la plupart ne l’est pas à l’infini.

 

La vraie bonne idée, selon moi, serait de commencer par récupérer tous les déchets existants pour les recycler au maximum plutôt que de continuer de les détruire (industrie textile) ou de les envoyer par containers dans les pays du sud (plastique et électronique), en Afrique (Ghana) ou en Asie (Malaisie) où ils finissent dans d’immenses décharges à ciel ouvert, dangereusement manipulés par des enfants qui s’empoisonnent à essayer d’en extraire quelques métaux.

NON à la "neutralité" carbone !

Introduite pour la première fois dans un accord international en 2015 (Accord de Paris sur le climat), la neutralité carbone (ou zéro émission nette) est un état d'équilibre à atteindre, à l'intérieur d'un périmètre donné, entre les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) d'origine humaine et leur retrait de l'atmosphère (émissions négatives) via les méthodes utilisées par l'homme pour restaurer, sauvegarder ou renforcer la capacité d'absorption des puits de carbone naturels (forêts, sols et océans) et les méthodes faisant appel à la technologie, appelées « technologies d'émissions négatives » (TEN).

Si vous vous demandiez pourquoi Total ou d’autres multinationales annoncent des grands projets de plantation d’arbres, vous avez la réponse.

 

Voilà encore un concept qui semble être aussi louable que vertueux et qui pourtant n’est ni plus ni moins qu’une formidable caution pour surtout ne rien changer et poursuivre tranquillement nos émissions de Gaz à Effet de Serre pourvu que l’on trouve comment les équilibrer ou pire… les compenser (même logique que le Droit à polluer). Malgré les nombreux engagements pris et accords signés par les états membres de la communauté internationale, bien loin de diminuer, nos émissions de GES continuent année après année d’augmenter. Cette neutralité carbone est donc un extraordinaire levier pour légitimer l’utilisation de technologies fort dangereuses comme celles de la géo-ingénierie qui seront indispensables puisque nous ne parviendrons ni à réduire suffisamment nos émissions, ni à les compenser complètement de manière naturelle. Et comme d’habitude, l’ambition est à la hauteur de l’enjeu puisque la date retenue par le GIEC (Rapport 2018) pour atteindre cette fameuse neutralité carbone est… 2050, pour ne pas dépasser 1,5°C d’augmentation de la température moyenne mondiale en 2100, ou 2075 pour ne pas dépasser 2°C.

C’est tout de même incroyable ! Comme je l’ai déjà dit, si nous arrêtions toute émission de GES aujourd’hui même, le réchauffement climatique se poursuivrait encore pendant 30 ans. Avec la neutralité carbone, il ne s’agit pas d’arrêter nos émissions – impensable pour le Système actuel - mais de parvenir à les équilibrer/compenser. Donc, le réchauffement climatique qui est déjà d’1,1 à 1,2°C depuis l’ère pré-industrielle va poursuivre son ascension pendant au moins les 30 prochaines années et d’un coup de baguette magique s’arrêter à 1,5°C… Quelle bonne blague ! En fait, tous les spécialistes savent très bien que l’objectif de 1,5°C est intenable puisqu’il sera atteint bien avant 2050 et qu’il le serait de toute manière, même si nous arrêtions toute émission aujourd’hui. Quant aux 2°C, c’est déjà mort également. Non, neutralité carbone ou pas, la tendance est plutôt à une augmentation de 3°C à 5°C de la température moyenne mondiale en 2100. Mais, après cette date que nous nous sommes arbitrairement fixée, l’augmentation se poursuivra… Enfin, le GIEC n’évoque que la "neutralité carbone" relative au seul CO2 et non la plus pertinente "neutralité climatique" relative à l’ensemble des gaz contribuant au réchauffement climatique (CO2 + méthane, protoxyde d’azote, CFC…).

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Crédit photo : Star Wars

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