• Jean-Christophe Anna

Ikigai et nouveaux métiers à l'heure du grand collapse

Mis à jour : 29 oct. 2019



Et si nous adoptions toutes et tous une activité VRAIMENT utile pour participer à l'émergence d'une nouvelle société ; pour inventer une civilisation VRAIMENT durable en étroite symbiose avec son environnement, respectueuse des écosystèmes, amoureuse du vivant, soucieuse de préserver l'extraordinaire biodiversité végétale et animale de Gaïa ; pour occuper une place VRAIMENT normale, celle d'une espèce parmi d'autres, en aucun cas supérieure, qui après s'être arbitrairement octroyée beaucoup trop de droits, doit remplir ses devoirs fondamentaux à l'égard des colocataires de sa si belle maison !


Et si nous nous retroussions les manches pour ENFIN réparer les innombrables dégâts que nous avons causés dans notre maison ; pour ENFIN nettoyer la Terre - continents et océans - de tous ces immondes déchets que nous avons (in)consciemment jetés, lâchement abandonnés, bêtement entassés ; pour ENFIN dépolluer les différents éléments (terre, eau, air), décontaminer la biosphère, débétonner le paysage !


Et si nous nous mettions toutes et tous au boulot MAINTENANT sans plus attendre, non pas pour éviter l'inéluctable puisqu'il est déjà trop tard, mais pour anticiper sagement, amortir le choc et réduire nos cruels impacts ; MAINTENANT sans plus espérer un hypothétique réveil au pied du mur puisque nous y sommes déjà, ou miser sur la toute puissante technologie pour nous sauver, sans carburant elle sera si fragile ; MAINTENANT, sans plus tergiverser sur le temps qu'il nous reste pour réagir (2 ans, 10 ans, 20 ans), nous l'avons totalement épuisé !


Et si nous rêvions un peu...




POUR UN IKIGAI ALTRUISTE !




Vous êtes vous déjà (réellement !) posé la question du sens de votre activité professionnelle principale ? À quoi sert votre job ? (en dehors de son évidente utilité économique qui vous permet de payer vos factures, votre loyer ou votre emprunt immobilier, vos loisirs, vos vacances...) Est-il vraiment utile au regard du principal défi que l'espèce humaine doit relever pour limiter les dégâts de l'effondrement, réparer ce qu'elle a saccagé et protéger ce qu'elle peut encore ?

Nous sommes de plus en plus nombreux·euses à être à la recherche du Graal : quel sens donner à notre vie ?

Cette question cruciale peut, ou plutôt devrait, se poser à la fin des études, lors de l'arrivée sur le "marché du travail". Elle surgit également bien souvent lors du virage (crise ?) de la quarantaine ou celui de la cinquantaine. Et de plus en plus, très tôt, entre 3 et 5 ans à peine après le début de son activité professionnelle, lorsque l'on se rend compte que l'on fait fausse route, que l'on s'aperçoit que l'on a surtout emprunté une voie pour briller dans les yeux de ses parents, que l'on est interchangeable et/ou que l'on exerce un "Bullshit job" (Job à la con en Français). De nombreux·euses jeunes diplômé·e·s des écoles les plus prestigieuses se réorientent alors vers des métiers plus concrets aux résultats plus palpables (caviste, patissier·ière, artisan·e, ...). Deux ouvrages se penchent sur cette tendance : "Bullshit Jobs" de l'anthropologue américain David Graeber, et "La Révolte des premiers de la classe" du journaliste français Jean-Laurent Cassely.

Généralement, cette réflexion existentielle a pour objectif principal d'identifier à titre individuel l'activité dans laquelle nous pourrions nous épanouir le plus, en sortant de la simple logique diplôme / carrière / réussite aux yeux des autres. Sortir des différents conditionnements qui nous emprisonnent, celui de nos parents (le rêve qu'ils font à notre place), celui de la société (l'image artificielle de la réussite sociale dans un monde capitaliste, ultra-libéral et surtout ultra-destructeur...), celui de notre propre perception du monde...


Vous connaissez peut-être la philosophie de l'Ikigai qui consiste à trouver l'équilibre idéal entre :

  • ce que j'aime faire,

  • ce dans quoi je suis bon·ne,

  • ce pourquoi je peux être payé·e,

  • ce dont le monde a besoin.




Cette philosophie d'origine japonaise est extrêmement puissante pour répondre individuellement à la fameuse question du "Why" (pourquoi ? quelle est votre raison d'être ?).

Au vu de la situation d'extrême urgence actuelle, je vous propose de nous inscrire, toutes et tous, aussi vite que possible (là, maintenant, tout de suite) dans cette philosophie vertueuse de l'Ikigai, non pas uniquement dans une quête de sens individualiste, mais dans une ouverture altruiste envers la vie sur Terre, celle des biosphères végétale et animale, et donc la nôtre.

En inversant la logique, posons-nous d'abord la question suivante : de quoi le monde a-t-il besoin ? Puis : quelle est l'activité que j'aime (ou aimerais) faire pour me rendre utile et dans laquelle je suis (ou je pourrais être) bon·ne ? 


C'est exactement l'exercice auquel je me suis prêté les 18 derniers mois.

Voici mes réponses aux 4 questions de l'Ikigai dans le nouvel ordre que je viens de présenter :

  • ce dont le monde a besoin : mieux appréhender l'effondrement de notre civilisation (et les raisons de notre inertie) pour anticiper et commencer à construire une nouvelle société préservant la vie sur Terre.

  • ce que j'aime faire : informer, transmettre, partager, convaincre, inspirer, mettre en mouvement via ce site web (1ère pierre de l'édifice), des articles (comme celui-ci), des livres, des conférences, un grand événement...

  • ce dans quoi je suis bon : ce sont les mêmes activités que j'ai développées avec succès depuis 8 ans pour le compte de ma société.

  • ce pourquoi je peux être payé : ce n'est plus du tout un moteur pour moi. Je cherche à vendre ma société justement pour pouvoir me consacrer à 100% à cette nouvelle mission et m'installer prochainement dans un éco-village. J'ai adopté depuis plus d'un an le minimalisme, mon train de vie et mes dépenses se sont considérablement réduit·e·s. L'argent que je pourrai "gagner" ou rassembler dans les prochaines années aura pour unique destinée de permettre à mes projets (livres, événement, projet de créer une Collapse'home) d'exister. Évidemment, ce n'est pas si simple de tout plaquer (son job, son appart, sa vie bien rangée) pour une nouvelle activité sans être certain de pouvoir en vivre. J'aborde ce point dans la 3ème partie, plus bas.

​Et vous, c'est quoi votre Ikigai ?




LES (VRAIS NOUVEAUX) MÉTIERS DU XXIè SIÈCLE


STOP aux métiers aussi anecdotiques qu'inutiles



Vous avez sans doute déjà entendu ce chiffre : 60% des métiers qui existeront dans les 10 à 15 prochaines années n’ont pas encore été inventés. Forcément, avec l'avènement du web et des médias sociaux, la révolution mobile et l'explosion de la data, bon nombre de nouveaux métiers sont apparus les dernières années. Ainsi, selon le Cabinet canadien Wagepoint, aucun des 10 métiers les plus recherchés en 2010 n’existait en 2004 : Web marketing, Community Management, Métiers du Cloud et du Big Data … Je suis bien placé pour en parler puisque j'ai moi-même profité de cette vague d'innovations pour créer de toute pièce une expertise qui n'existait pas - le conseil et la formation au recrutement via les médias sociaux - et en faire l'activité de la société que j'ai lancée en 2011.


Alors, lorsqu'il s'agit d'imaginer les métiers qui seront exercés à l’horizon 2025-2030, les cabinets de prospective comme Wagepoint ou DaVinci Institute se lâchent : Aiguilleur de drone, réactivateur d’espèces animales disparues, pilote de robots, éleveur de clones, banquier de monnaies alternatives, contrôleur du climat, agriculteur urbain, architecte du numérique, spécialiste de la nanomédecine ou encore chirurgien de la mémoire...


Dans notre monde qui va basculer, effondrement oblige, ces nouveaux métiers semblent complètement déconnectés de l'urgence du moment... mis à part peut-être le "réactivateur d'espèces animales disparues" et encore faudrait-il que ce soit pour sauver des espèces qui viennent de disparaître (en s'assurant évidemment de ne pas créer plus de dommages sur les écosystèmes que la disparition elle-même) et non le mammouth laineux ou des dinosaures. Quant au "contrôleur du climat" le risque serait trop grand de voir se développer les dérives délirantes de la géo-ingénierie.


Non, les compétences qui feront la différence et nous permettront d'anticiper l'effondrement et de bien vivre avec une fois que sa phase terminale sera advenue sont les suivantes :

  • Savoir cultiver pour produire sa propre alimentation : Permaculture et Agro-écologie afin de viser l'auto-suffisance et de gagner du coup en résilience.

  • Acquérir les bases du DIY (Do It Yourself) ou en bon français de la débrouille/bidouille (savoir coudre pour réparer des habits et toute sorte de chose, adopter les techniques Low-Tech pour garder un minimum de confort (eau chaude, électricité...) lorsqu'il n'y aura plus assez d'énergie pour nos délires High-Tech)

  • Se former à la gouvernance partagée et à la communication non violente (CNV) pour bien vivre ensemble et favoriser l'entraide au sein des éco-lieux.


Le mirage de la croissance verte et des emplois verts



Quelle fausse bonne idée...

La croissance est une arme de destruction massive pour la planète.

Comment une croissance pourrait-elle être "verte" ? Seule la décroissance l'est !

Plutôt que de créer des emplois pour adapter nos comportements à l'urgence écologique en développant les énergies renouvelables, nous ferions mieux de confier un travail, une mission, au plus grand nombre pour nettoyer, réparer et engager une décroissance choisie afin de préserver notre planète. Quant aux énergies "renouvelables", "vertes" ou "propres", là aussi il est plus que temps d'arrêter ce délire. C'est un non sens absolu... Si le soleil et le vent sont bel et bien verts et renouvelables, la production de panneaux photovoltaïques ou d'éoliennes requière l'utilisation de métaux rares. Aucune forme d'énergie n'est propre ! Il y a toujours de la pollution (extraction des métaux rares, transport, production, acheminement des produits finis) et des déchets à la fin puisque le recyclage des métaux rares est quasi nul (- de 1%). Les appareils qui en utilisent, comme nos joujoux électroniques par exemple, finissent bien souvent dans des décharges à ciel ouvert au Ghana...

En outre, Jean-Marc Jancovici et Vincent Mignerot le démontrent avec brio, aucune énergie ne s'est jamais substituée à une autre... elles s'additionnent !

Enfin, comme le disent si bien Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre "Comment tout peut s'effondrer" : « les énergies renouvelables n'ont pas assez de puissance pour compenser le déclin des énergies fossiles, et il n'y a pas assez d'énergies fossiles (ou minerais) pour développer massivement les énergies renouvelables de façon à compenser le déclin annoncé des énergies fossiles. »



Liste non exhaustive de métiers VRAIMENT utiles dès aujourd'hui



Imaginer sans limites est un exercice que j'affectionne tout particulièrement. Voici donc quelques pistes issues directement aussi bien de mon cerveau cortex (rationnel) que de mon cerveau reptilien (émotionnel) et même de mon coeur. Certains métiers existent déjà à l'état d'embryons.

À vous de me dire librement ce que vous en pensez, voire les métiers que vous proposez, en commentaires de ce post. Merci d'avance ! ;)


  • Nettoyeur·euse de surfaces océaniques

  • Nettoyeur·euse des fonds marins

  • Dépollueur·euse de nappes phréatiques

  • Décontaminateur·trice des cours d'eau

  • Régénérateur·trice de la fertilité naturelle des sols (également appelé·e Coach de vers de terre !)

  • Transformateur·trice de monocultures en permaculture

  • Régénérateur·trice de phytoplancton

  • Éleveur·euse de forêts primaires

  • Développeur·euse de biodiversité

  • Promoteur·trice d'habitats naturels pour espèces menacées

  • Ré-oxygénateur·trice des océans

  • Épurateur·trice de l'air

  • Libérateur·trice d'animaux captifs (élevage, fermes, cirques, aquariums, zoos...)*

  • HTT ou High to Law transformateur·trice (transformation de vieux appareils électriques - fours, frigos... - et électroniques en outils low-tech - panneaux solaires thermiques, fours solaires...)

  • Formateur·trice en low-tech

  • Instituteur·trice spécialisé·e en permaculture (pour initier les enfants dès leur plus jeune âge)

  • Liquidateur·trice de sociétés pollueuses, toxiques et destructrices

  • Liquidateur·trice des grandes fortunes (pour en faire profiter équitablement le plus grand nombre)

  • Liquidateur·trice de toutes les mines, puits et forages (pétrole, charbon, gaz, uranium, métaux rares...)

  • Récup-destructeur·trice de toutes les armes à feu et autres armes létales

  • Super végétalisateur·trice urbain (pour transformer les parkings en fermes urbaines et les routes en coulées vertes)

  • Débétonnateur·trice urbain (pour faire sauter le bitume partout)

  • Recompartimenteur·euse d'appartements urbains (pour remplacer toute activité de développement de nouvelles constructions urbaines par le partage de biens existants)

  • Professeur·e en agriculture urbaine

  • Responsable de la libération et de la ré-insertion des détenu·e·s au service du bien commun

  • Cultivateur·trice du bien commun

  • Aménageur·euse d'expérimentation collective (sur le modèle des ZAD)

  • Médiateur·trice des relations entre humains et non humains

  • Indexateur·trice des métiers utiles (pour répondre aux urgences écologique et social)

  • Consultant·e en reconversion professionnelle utile et vertueuse

  • Arbitre du trafic aérien pour le limiter aux seules urgences absolues (aide, secours...)

  • Gestionnaire du trafic automobile pour le limiter aux transports publics (bus) et aux urgences (pompiers, ambulances, SAMU...)

  • Banquier éthique (l'argent ne sert qu'à promouvoir des projets utiles à la préservation du vivant, les prêts sont consentis à taux 0 et toute spéculation est interdite).

  • Médecin chamane en pharmacopée naturelle

  • Humusateur·trice de corps humains (pour transformer les mort·e·s en compost)

  • Auditeur·trice du stock d'habits disponibles

  • Rationneur·euse d'habits (pour distribuer uniquement selon les besoins)

  • Troqueur·euse d'habits

  • Coach en décroissance (suggestion de Cyrielle Branco du groupe Facebook "La collapso heureuse")

  • Coach en déconsommation (pour accompagner l'arrêt de l'hyper consommation)

  • Coach en entraide et en intelligence collective

  • Professeur en fabrication de conserves alimentaires

  • Planteur·euse d'arbres comestibles (suggestion de Marie Protet du groupe Facebook "La collapso heureuse")

  • ...

* :à l'exception des animaux terrestres et marins qui ne disposent plus d'habitat naturel sur notre planète comme me l'a très justement souligné Christian en commentaire et qui, en tant que réfugiés écologiques, sont protégés dans certains aquariums et zoos.



À vous ! ;)




L'EMPLOI EST MORT, VIVE LE TRAVAIL !


Travail ou emploi ? Cette question vous semble peut-être anecdotique. Et pourtant, la réponse à cette question pourrait bien décider de l’avenir de la vie sur notre planète et de celui de l’humanité.


L'emploi est artificiel, conjoncturel et aliénant...



Amnésie, conditionnement social, force des habitudes, Trente Glorieuses, succession des générations, formidable accélération technologique… plusieurs raisons peuvent expliquer cette impression que l’emploi a toujours existé.

Que nenni ! l’emploi n’est pas bien vieux. Comme le rappelle utilement le philosophe et prospectiviste Marc Halévy « le contrat d’emploi salarié fut taillé sur mesure pour les ouvriers d’usine, dans le cadre de la révolution industrielle ». Tout a en effet basculé, lorsque les paysans sont devenus, comme le raconte très bien Pierre Rabhi (2), des ouvriers employés par les usines pour réaliser pendant un temps donné, dans un lieu fixe, un travail précis.


L’emploi n’est donc qu’une forme de travail parmi d’autres récompensé par une rémunération et encadré par un contrat. Il s’agit d’une construction totalement artificielle, créée par des humains pour d’autres humains, caractérisée par un lien de subordination et qui à l’origine a enfermé – et par la même occasion rendu captifs·ives – des personnes qui vivaient en toute autonomie au grand air. Attiré·e·s par l’argent, elles ont abandonné leur liberté. Converties à la religion de la croissance, elles ont aussi abandonné la sobriété pour succomber  au matérialisme et au consumérisme. L’emploi a donc transformé des paysans libres et autonomes en ouvriers disciplinés et subordonnés pour en faire de bons petits consommateurs !

À l’échelle de l’histoire de l’humanité, l’emploi, jeune de moins de 2 siècles, est également conjoncturel. Pur produit de notre civilisation thermo-industrielle et du progrès technologique, l’emploi est aujourd’hui gravement menacé par le fruit le plus avancé de ce même progrès, la robotisation l'IA. Et il finira par s’éteindre logiquement avec l’effondrement de notre civilisation, lorsque son moteur énergétique principal, le pétrole, viendra à manquer. Rétrospectivement, il conviendra alors de nous demander comment nous avons pu lui donner autant d’importance. La prise de conscience promet d’être brutale…



Le travail est naturel, intemporel et inhérent à l'espèce humaine.



Selon le philosophe Bernard Stiegler, auteur du livre « L’emploi est mort. Vive le Travail ! » (Éditions Poche, mai 2015), et l’économiste Baptiste Mylondo, le travail peut être considéré comme une activité diverse et variée qui apporte quelque chose à l’individu et permet de contribuer au bien commun.


Concept infiniment plus étendu que l’emploi, le travail revêt plusieurs dimensions.

D’un point de vue purement économique, le travail englobe une palette très large d’activités et de statuts divers·es et varié·e·s : l’emploi (salariat), le fonctionnariat, le travail indépendant (artisans, commerçants, agriculteurs, professions libérales, journaliers, startupers, travailleurs de plateforme – chauffeurs Uber ou livreurs Deliveroo – freelances, intermittents du spectacles), et l’entrepreneuriat pour ne citer que les activités socialement reconnues comme du « vrai » travail.

D’un  point de vue pragmatique, la seule dimension économique du travail caractérisée par la rétribution financière est encore bien trop réductrice. En effet, quantité de personnes travaillent, sans en avoir toujours réellement conscience et sans que cette activité bénéficie d’une reconnaissance sociale. Ainsi, un peintre qui réalise des toiles travaille et ne touchera une rétribution que s’il parvient à les vendre. Il en va de même de l’écrivain en pleine écriture de son manuscrit ou du comédien de théâtre qui répète son rôle dans une pièce qui ne se jouera peut-être jamais. Tous deux travaillent. L’entrepreneur qui crée son entreprise travaille bel et bien sans toucher aucune rétribution tant que son entreprise n’est pas rentable. Sans parler de la personne bénévole dans une association ou du coach sportif d’une équipe de jeunes… Une personne qui entretient son potager, travaille. Elle ne va pas forcément vendre ses légumes mais son activité va lui apporter quelque chose, notamment de la nourriture. De la même manière, une maman (ou un papa !) qui décide de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants, travaille. Elle (ou il) ne perçoit pourtant aucune rémunération ni rétribution pour cette activité à plein temps.Toutes ces personnes travaillent, aucune n’est rémunérée. Le travail n’est donc pas forcément associé à une rétribution financière et encore moins à un salaire, associé au seul emploi : il est hors contrat.

Même le "demandeur d’emploi" a un travail, sa recherche d’emploi !


Le travail n’est n’est lié ni à une période de la vie en particulier (l’âge adulte entre la majorité et la retraite), ni au cadre uniquement professionnel.

Quelque soit notre âge, nous travaillons. Ne dit-on pas à un enfant qui rentre de l’école ou à un·e étudiant·e qui révise ses examens : as-tu bien travaillé ?

Quelque soit notre situation professionnelle, nous travaillons… tout au long de la journée, du matin (préparation du petit déjeuner) au soir (devoirs avec les enfants, préparation du dîner, vaisselle…), la semaine comme le WE (courses, ménage, rangement, lessives…) alors que la plupart d’entre nous pense que le travail ne s’exerce que 5 jours sur 7 de 9h à 19h essentiellement dans l’entreprise, le reste n’étant pas du travail… Le travail englobe donc aussi bien l’activité professionnelle (salariée ou non) qu’une bonne partie de l’activité personnelle.



Rétribution ?


Nous y voici enfin. À cette fameuse question de l'Ikigaï "ce pourquoi je peux être payé".

Car, c'est bien joli d'expliquer que l'emploi est artificiel et qu'il participe à la croissance destructrice. Comment parvenir à le remplacer massivement par un travail naturel à visée utile pour le bien commun, la préservation de la vie sur Terre et donc la survie de l'espèce humaine. Pour libérer le travail, le promouvoir et le rendre attractif, il faudra nécessairement le valoriser socialement comme c’est le cas de l’emploi aujourd’hui. Il faudra également le rétribuer à sa juste valeur.

La seule et unique solution est sans aucun doute le Revenu Universel. Comme l'explique si bien l'expert Philippe Van Parijs, la vertu du Revenu Universel est triple :

  • éradiquer la pauvreté en permettant à toutes les personnes d’accéder à un logement.

  • lutter contre la disparition massive d’emplois du fait notamment de l’automatisation/robotisation. 

  • permettre à chacun·e de choisir librement une activité vraiment utile.

Je fais le pari que si vous disposiez de cette liberté, vous seriez très nombeux·euses à quitter votre emploi actuel !


La mise en place d’un revenu universel, c’est à dire versé à chaque personne tout au long de sa vie, sans aucune condition libérerait formidablement l’audace et les énergies pour servir les rêves les plus fous.



Osons !



Imaginons ce que nous pourrions réaliser si toutes les idées, toutes les énergies, toutes les forces vives de l’espèce humaine étaient focalisées sur cet unique objectif : sauver la vie sur Terre (et donc accessoirement la nôtre). Quel formidable projet commun !

Imaginons un peu tout ce que nous pourrions entreprendre ensemble si

  • nous décidions toutes et tous individuellement de nous y mettre maintenant (pas dans 10 ans et sans attendre que les autres, nos gouvernants, les multinationales bougent) 

  • toutes les organisations (multinationales, ETI, PME, TPE, startups, associations...) changeaient d'activité pour en embrasser une réellement utile à la vie sur Terre

  • tout l'argent en circulation dans notre économie mondialisée était principalement orientée vers cet objectif commun, le seul qui vaille

  • toute l'énergie humaine, l'intelligence collective et l'incroyable créativité/inventivité dont nous sommes capable de faire preuve était dédiée à relever ce défi qui nous lie

  • tous les États s'engageaient enfin en consacrant tous leurs efforts à cette unique mission

Utopiste ? Non, notre unique opportunité pour amortir le gigantesque (le mot est faible) choc qui arrive, sauver la vie sur Terre et empêcher notre propre disparition dans les décennies qui viennent !


Alors, quel est votre Ikigai ?



Crédit Photo : Kung Fu Panda



_____________________


Effondrement & Renaissance a une triple ambition :


1. Mieux appréhender l'effondrement

2. Comprendre les raisons de notre inertie

3. Construire une nouvelle société préservant la vie sur Terre


Si cet article vous a plu, nous vous invitons à découvrir le reste de la plateforme pour approfondir le sujet de l'effondrement.


Si vous souhaitez vous aussi vous exprimer, ça tombe bien puisque cette plateforme est collaborative. Ainsi, il vous est possible de nous recommander une ressource utile pour enrichir encore le contenu du site. Vous pouvez aussi nous adresser le fruit de votre réflexion et e votre créativité (article, coup de gueule, vidéo, dessin...).

Nous nous ferons un plaisir de publier votre oeuvre ici-même ! ;)


Pour vous abonner à la Newsletter, nous poser une question ou proposer un contenu, écrivez-nous : jeanchristophe@effondrementetrenaissance.com




Enrichissez vous aussi ce site

en recommandant une ressource utile.

Merci d'avance ! ;)

Contactez-moi    

                     ✆ +33 (0)6 42 21 30 19                                     Jean-Christophe Anna                   jeanchristophe@effondrementetrenaissance.com