• Jean-Christophe Anna

Vie sur Terre : des Droits de l’Homme aux Devoirs des humains envers le Vivant !


Depuis toujours nous chérissons nos droits.

Directement transmis par une puissance supérieure, dignement acquis ou difficilement conquis, par la désobéissance ou par la force, ils nous semblent indiscutables, non négociables, inébranlables.


En nous arrogeant le droit de disposer librement de la faune et de la flore comme si elles nous appartenaient, de puiser les ressources dans les entrailles de la Terre comme si elles étaient infinies, de polluer les différents éléments essentiels à la vie - l'eau, la terre et l'air - comme s'ils pouvaient tout absorber, tout avaler, tout digérer, nous avons gravement abîmé Gaïa, tué nombre de ses habitants et mis en péril l'existence de ceux qui ont survécu. Par notre faute, les conditions d'habitabilité de notre planète sont menacées à très court terme sur une échelle de temps géologique et la vie est en danger de mort !


Aujourd'hui, il est donc vraiment temps de reconsidérer sérieusement nos droits pour qu'ils ne s'exercent plus au détriment de la liberté la plus précieuse de toute forme de vie sur Terre... celle de simplement vivre !

Et plus urgent encore et surtout vital, il nous faut enfin reconnaître nos impérieux DEVOIRS et nos immenses responsabilités vis à vis de la biosphère végétale et animale : nettoyer, dépolluer, débitumiser, débétonner, réparer, revitaliser, végétaliser, reboiser, ré-ensauvager… À toutes celles et tous ceux qui ne savent pas comment faire diminuer le chômage, je peux vous assurer qu’il y a du travail (et non des emplois) pour tout le monde, et ce pendant des décennies !




DROITS ET LIBERTÉS


L'impact de nos droits sur notre maison


Obnubilé par la reconnaissance de ses droits, attaché à leur préservation et déterminé à en tirer la plus grande jouissance, "Sapiens" a longtemps ignoré l’ampleur du désastre inévitablement associé à son emprise, toujours plus impactante, sur son environnement. Et pourtant, notre entreprise collective de destruction massive du vivant et des écosystèmes ne date pas d’hier. Certes, elle a connu un nouvel essor avec la Révolution industrielle et une accélération aussi fulgurante que délirante après la seconde Guerre Mondiale. Mais, elle semble bel et bien inhérente à la nature humaine. Comme l’expliquent Yuval Noah Harari dans son livre « Sapiens – une brève histoire de l’humanité » ou Laurent Testot dans « Cataclysmes – une histoire environnementale de l’humanité », "Singe" s’est de tout temps imposé aux autres habitants de la macrofaune – les plus gros mammifères – au point de les anéantir purement et simplement. "Singe" ? C’est ainsi que Laurent Testot nous appelle. Si Sapiens est le nom de notre espèce, Homo en est le genre et les grands singes, la famille à laquelle nous appartenons avec nos cousins les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans. Donc, s’il est faux de penser que notre espèce descend du singe - nous avons plus précisément un ancêtre commun - il est tout aussi faux de penser que nous ne sommes pas des animaux, que nous ne sommes pas le fruit de l'évolution ou que nous pourrions vivre totalement artificiellement par extraction absolue de la nature dont nous faisons intrinsèquement partie.




Aujourd’hui, l’immense différence c’est que nous savons. Au début des années 1970 nous avons commencé à prendre toute la mesure du véritable massacre que nous causons. Avec comme seule et unique issue… l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle autour de 2030 comme l’a démontré le Rapport Meadows « Limits to Growth » en 1972. Totalement incapable, jusqu’à présent, d’abandonner la pire trajectoire possible, la désormais célèbre « Business as usual », notre société extractiviste et productiviste nous mène tout droit vers l’extinction (quasi) inéluctable de l’espèce humaine d’ici la fin du siècle, et peut-être même avant. Que nous choisissions de procéder à un suicide collectif de notre propre espèce passe encore. Mais NOUS N’AVONS PAS LE DROIT de prendre en otage, dans notre folie destructrice, l’ensemble des membres de la grande famille vivant.


C'est pourquoi il convient aujourd'hui d'assumer nos devoirs et nos responsabilités après avoir tant profité de nos droits et de nos libertés. Et lorsque je dis nous, j'évoque notre société et non chaque individu, car nous sommes loin d'être toutes et tous logé·e·s à la même enseigne selon la zone géographique où nous habitons et même selon notre genre, notre couleur de peau ou notre origine dans un pays aussi riche que la France...



La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789


S’octroyer des droits, c’est facile et surtout très confortable lorsqu’on est un homme, blanc de préférence. Le 26 août 2019, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 fêtait son 230ième anniversaire. Texte référence par excellence, elle figure aujourd’hui encore, en 2019, au plus haut niveau de la hiérarchie des normes en France, puisqu’elle se trouve juste avant le 1er article de notre Constitution… dans son préambule et que sa valeur constitutionnelle a été reconnue par le Conseil du même nom en 1971.


Connaissons-nous vraiment le contenu de ce texte "sacré" de notre histoire ?

S'il parait évident à sa lecture que cette Déclaration est méconnue de nos gouvernants, il me semble capital de la (re)découvrir. Je vous propose ici d'en faire une lecture critique avec les yeux du citoyen engagé que je suis, "Rebelle amoureux du vivant", préoccupé par la catastrophe absolue que nous sommes en train de vivre et qui pourrait bien empêcher l'espèce humaine de connaître le XXIIème siècle.



Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.


Passons sur l'utilisation passablement sexiste et donc profondément injuste du mot "Homme", nous y reviendrons plus bas.

"Les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme"... inutile de souligner à quel point la réalité est infiniment éloignée de cette louable intention. À l'époque même de l'écriture du texte, les inégalités sociales restaient immenses malgré l'abolition des privilèges, l'esclavage n'était pas aboli et la colonisation française n'avait pas encore explosé. Quant à l'immense cruauté de notre époque "moderne" où les sans abri sont toujours plus nombreux et les migrant·e·s considéré·e·s comme un danger, au point de les laisser mourrir par milliers en Méditerranée chaque année. Comment est-il possible d'oublier ainsi que migrer est une activité inhérente à la nature humaine depuis toujours et que nous, Français·e·s, Européenn·e·s du sud serons nous-mêmes des migrant·e·s pour nos voisins du nord dans les prochaines décennies du fait du réchauffement climatique ?

Un droit "inaliénable" est un droit inhérent à un individu du seul fait de ce qu'il est et donc du fait de sa condition humaine. Le droit de migrer est donc un droit absolument inaliénable !



Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.


Bon, force est de constater que l'on part sur de biens mauvaises bases.

"Les hommes" ? Si j'ai déjà vraiment du mal avec "l'Homme", "les hommes" sonnent encore moins bien à mon oreille sensible.

"libres et égaux en droits" ? Comment imaginer une seconde qu'une personne vivant dans la rue dispose réellement des mêmes droits que celles et ceux qui ont le privilège de profiter d'un toit ? Inutile de donner d'autres exemples ou de développer d'avantage tant les inégalités sociales ont aujourd'hui atteint des sommets difficilement acceptables/supportables. Il serait si simple de nous organiser autrement pour fixer un niveau maximal de richesse ou offrir un toit à chaque sans abri. Mais, il est vrai que nous sommes ici bien loin des préoccupations des tenants du Système dominant actuel.

J'avoue ne pas bien comprendre non plus comment des distinctions sociales puissent "être fondées sur l'utilité commune". Si vous pouvez m'éclairer sur ce point, je vous invite à le faire en commentaire de cet article.




Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.


Euh... comment dire ? Bon nombre de formations politiques françaises, du moins toutes celles qui ont déjà exercé le pouvoir, sans oublier bien entendu les formations situées à l'extrême droite de l'échiquier, seraient bien inspirées de prendre connaissance de cet article, non ?


Si le droit de propriété est toujours aussi protégé, la liberté fait l'objet d'une très libre appréciation, rarement, pour ne pas dire jamais, favorable à la préservation des conditions d'habitabilité de la planète.

Ainsi, les ZADistes de Notre-Dame-des-Landes ne sont pas libres d'expérimenter une nouvelle façon de vivre plus simple et frugale, un nouveau mode de fonctionnement plus sobre, un nouveau rapport au vivant. En revanche, des centaines de CRS sont totalement libres de détruire leurs habitations et d'évacuer la ZAD par la force. Ainsi, les habitant·e·s de Kolbsheim en Alsace ne sont pas libres de défendre "leur" forêt et "leurs" terres menacées de destruction dans le cadre du chantier du Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg. En revanche, protégées par les CRS, les machines d'Arcos, filiale de Vinci, sont libres de défoncer les arbres et de raser les champs, malgré les nombreuses études défavorables qui ont souligné l'impact dramatique du projet sur la biodiversité ou encore le risque évident de pollution accrue. Le GCO est un projet aussi criminel pour la biodiversité que totalement absurde au vu de la pénurie énergétique à venir. Construire aujourd'hui de tels axes autoroutiers alors même que nous allons très prochainement manquer de pétrole est un non sens, un anachronisme sidérant. Que ferons-nous de toutes ces belles routes et autoroutes lorsque nos voitures ne rouleront plus ? Peu importe, le chantier a été lancé, les forêts dépecées, avant que les poumons des habitant·e·s des villages limitrophes et ceux des Strasbourgeois·e·s ne soient littéralement asphyxiés par cette nouvelle voie royale pour les camions qui traversent l'Alsace pour relier le nord et le sud de l'Europe.


Photo : Michel Frison - Dernières Nouvelles d'Alsace



Et ce ne sont là bien évidemment que 2 exemples de la très longue liste de projets et de décisions où la liberté est très librement appréciée. Nous pourrions aussi citer le dantesque projet d'EuropaCity. La liberté de construire deux bulles abritant un complexe aquatique et des pistes artificielles de ski semble être totalement compatible avec l'urgence écologique actuelle. Ou les professionnel·le·s de l'agriculture "conventionnelle" totalement libres d'épandre du glyphosate sur leurs terres quand un maire (Daniel Cueff à Langouët) soucieux de la santé des habitant·e·s de son village n'est pas libre d'en interdire l'utilisation sur le territoire de SA commune... Ou la bioraffinerie Total de la Mède qui est libre de carburer à l'huile de Palme, une huile si propre... Ou encore la liberté offertes aux chasseurs d'utiliser des méthodes abominables pour tuer toujours plus d'oiseaux. Il est vrai que nous sommes envahi·e·s par ces trop nombreux oiseaux et il est temps de les exterminer... je m'égare, désolé.



Nous pourrions également évoquer bien sûr la réduction drastique de certaines libertés, pourtant essentielles, telles la liberté de la presse (loi sur le secret des affaires et loi sur les fake news) ou celle de manifester... Inutile d'évoquer ici la fake news fabriquée de toute pièce par le Conseiller spécial de l'Elysée Ismaël Emelien sur l'affaire Benalla, c'est aussi gênant qu'indécent !

Et en ce qui concerne "la résistance à l'oppression", il y aurait de quoi écrire un roman uniquement sur l'incroyable niveau de répression policière et judiciaire que notre pays a atteint depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.



Art. 3. Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.



Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.


En complément des commentaires sur l'article 2, nous pourrions évoquer la formidable liberté, garantie en toute impunité par le pouvoir, de Sanofi dont l'usine de Mourenx rejette dans l'air des composés toxiques (provenant de la fabrication de... la Dépakine, déjà responsable de graves malformations et troubles mentaux chez des milliers d’enfants dont la mère prenait ce médicament enceinte) dans des proportions 90 000 fois à 190 000 fois la norme autorisée, selon les contrôles effectués. Le droit de respirer un air sain ne semble en aucun cas être une limite à la formidable liberté dont jouit ce laboratoire pharmaceutique, dont le Directeur est un proche de notre Président.




Art. 5.  La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.  


Aïe... là j'avoue avoir du mal à en croire mes yeux... Non, j'ai beau me pincer, je ne rêve pas : "La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société". J'imagine que "Société" est interprétée par nos politiques et les lobbies, qui les influencent ou plutôt imposent leurs règles, comme étant la société capitaliste et néolibérale.



Art. 6. La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. 


Pour illustrer à quel point la Loi (et son interprétation par la Justice) n'est vraiment pas "la même pour tous", prenons juste l'exemple des interpellations préventives, des gardes à vue abusives et des comparutions immédiates avec condamnation à charge dont ont été victimes nombre de Gilets Jaunes les derniers mois et comparons les avec l'impunité illimitée dont bénéficient les agents des forces de l'ordre qui par leur violence ont tué, éborgné, mutilé, tabassé ou gravement blessé certain·e·s Gilets Jaunes avec comme seule et unique conséquence... l'honneur d'être décorés par notre brillant Ministre de l'intérieur.



Art. 7. Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. 


"Ordres arbitraires"... Comme ceux donnés par le pouvoir aux officiers de police d'arrêter de manière préventive des Gilets Jaunes ? Ou ceux donnés par le pouvoir au Parquet afin que ces mêmes Gilets Jaunes soient lourdement condamnés ?


Canard Enchaîné - 30-01-2019



Art. 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.  



Art. 9. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.  



Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.


A priori, cet article 10 est loin d'être appliqué lorsque des journalistes gênant·e·s pour le pouvoir (affaire Benalla et utilisation des armes françaises par l'Arabie Saoudite au Yémen) sont convoqué·e·s pour être entendu·e·s (intimidé·e·s) par la DGSI. Idem lorsque des décrochage de portraits présidentiels dans les mairies déclenchent la mobilisation du Bureau de lutte anti-terroriste et des procès pour atteinte à l'autorité de l'Etat...



Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.


No comment... avec les lois sur le secret des affaires et sur les fake news...




Art. 12. La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.


Si par "force publique" on entend les forces de l'ordre, il y a un gros hic, non ?



Art. 13. Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.



Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. 



Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.



Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.


Donc... notre Pays n'a pas de Constitution ! ;)



Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.



Et les femmes ???


Manifestation pour le droit de vote des femmes françaises - 1937

Bibliothèque nationale de France



J’ai toujours considéré comme particulièrement incongru que la langue française (tient c’est au féminin) utilise le mot "homme" pour désigner l’espèce humaine. Passer le h en lettre capitale (H) n’y change pas grand chose à mes yeux. Tout au plus il permet aux Français/Francophones de sexe masculin de faire remarquer qu’ils ne sont pas sexistes en soulignant bien qu’ils parlent de l’Homme avec un grand H !


Mais, n’est-ce pas encore plus choquant quand on évoque LES droits et que le texte a été pensé et écrit uniquement par des hommes… exclusivement blancs, à une époque où les femmes n’en avaient que très peu. J’en profite pour rappeler que les Françaises n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944 et le droit d’ouvrir un compte en banque et de signer un contrat de travail, sans avoir besoin du consentement marital que 21 ans plus tard, en 1965. Si je savais que la France n’avait pas vraiment été le pays le plus précurseur en matière de droit de vote des femmes, j’ignorais que tant de pays nous avaient précédés. Jugez plutôt : Nouvelle-Zélande (dès 1893), Australie, Finlande, Norvège, Danemark, Islande, Russie, Arménie, Hongrie, Canada, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie, Pologne, Roumanie, Géorgie, Azerbaïdjan, Autriche, Allemagne (1918), Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Suède, Albanie, Etats-Unis, Irlande, Roumanie, Mongolie, Espagne, Liban, Uruguay, Equateur, Afrique du Sud, Turquie, Grèce (1930), Portugal, Sri Lanka, Thaïlande, Maldives, Brésil, Cuba (1934), Birmanie, Inde, Philippines, Bolivie, Ouzbékistan (1938), Salvador, Panama, République dominicaine !!!


Femme de lettres, femme politique et pionnière du féminsime français, Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, rédigea le 5 septembre 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Calquée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, elle fut publiée dans la brochure "Les Droits de la femme" adressée à la Reine et présentée à l'Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

Olympe de Gouges y affirmait l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes « la femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme », insistant pour qu’on rendît à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui avait retirés. Ainsi, elle écrivait : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Sans surprise... cette déclaration fut refusée par la Convention et Olympe de Gouges fut guillotinée le 3 novembre 1793...



De l'Homme à l'Humain !



Et si nous abandonnions l'appellation connotée et déséquilibrée "Homme" pour lui préférer celle bien plus juste et englobante d' "Humain" ! La langue anglaise utilise l'équivalent neutre "Human" bien plus approprié. Malheureusement, l'opportunité de corriger le tir ne fut réellement saisie ni à l'occasion de la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" (Universal Declaration of Human Rights) adoptée par l'ONU en 1948, ni lors de la signature de la la "Convention européenne des Droits de l'Homme" (European Convention on Human Rights) par les états membres du Conseil de l'Europe en 1950...

Quel dommage ! Ci-dessous l'explication argumentée du "Collectif Droits Humains" :


« La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) proclamée aux Nations-Unies en 1948 s’adresse quant à elle aux femmes comme aux hommes. En conséquence, comme le note Amnesty International :

les rédacteurs de la DUDH en français ont eu à cœur de marquer la non-discrimination sexuelle en recourant le plus souvent à des termes autres que “hommes” pour énumérer les divers droits contenus dans la Déclaration universelle.[2]

L’article premier de la Déclaration de 1948 débute notamment avec ces mots: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit. » Les rédacteurs ont ainsi cherché à mettre la lettre du texte en accord avec son esprit, sans toutefois aller jusqu’au bout de leur entreprise : le terme homme a continué d’être retenu 8 fois (dont 6 dans l’expression « droits de l’homme ») sur 54 mentions possibles, personne étant employé 20 fois.

En conservant l’expression « droits de l’Homme » dans la dénomination du texte de 1948, la France a voulu souligner la prétendue primauté de la Déclaration de 1789. C’est donc par célébration nationaliste que cette traduction incorrecte a été retenue. Seule la langue française (et même pas dans toutes ses versions) ignore comme s’il s’agissait d’une coquetterie inutile le changement de dénomination d’une déclaration à l’autre, soit en anglais le passage de « Rights of Man » à « Human Rights ».

L’attachement aux termes « droits de l’Homme » s’enracine ainsi dans une vision idéalisée de la Déclaration de 1789 qui néglige l’aspect discriminatoire du document. Cette idéalisation participe de la même tradition machiste que la Déclaration elle-même. »


Ayant remplacé depuis plusieurs années le mot "Homme" par "Humain" et les "hommes" par les "humains" dans mon utilisation de la langue française à l'écrit comme à l'oral, je m'apprêtais à suggérer de substituer l'expression "Droits de l'Humain" à celle de "Droits de l'Homme" lorsque, grâce à Wikipedia (qu'il convient de soutenir plus que jamais), j'ai découvert le "Collectif Droits humains" à l'origine de la campagne "Droits humains pour tout·te·s". Je vous invite tout particulièrement à lire attentivement la rubrique "Argumentaire" du site web, très éclairante et parfaitement complémentaire à la réflexion que je partage avec vous dans cet article.

Voici l'Appel de février 2015




Une nouvelle Déclaration des Droits humains


Comme vous l'avez compris, il est donc temps de réécrire notre Déclaration des Droits et d'en changer le nom.

Plutôt que 17 articles de droits uniquement déclaratifs et très inégaux, je propose de "graver dans le marbre", pour de VRAI cette fois-ci les 7 Droits réellement fondamentaux de tous les humains vivant sur le territoire français (en espérant que cela inspire à nouveau le monde), quel que soit leur genre, leur orientation sexuelle, leur origine, leur couleur de peau (tout autre distinction n’a pas lieu d’être et est donc nulle et irrecevable).


Voici ma proposition :


Article 1. Chaque (être) humain a le droit d’avoir accès aux trois besoins vitaux primordiaux : respirer un air sain, boire une eau potable et manger des fruits et légumes issus d'une agriculture biologique, locale et de saison.

Un air sain est un air suffisamment oxygéné et non dangereux pour la santé. Il est de la responsabilité de la commune ou de l’autorité administrative compétente du territoire concerné de réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre afin de lui garantir un air sain.

La quantité d’eau potable journalière vitale est gratuite. Il est de la responsabilité de la commune ou de l'autorité administrative compétente du territoire concerné de garantir la distribution d'eau potable.

La portion individuelle journalière de fruits et légumes est gratuite. Tout besoin supplémentaire individuel devient payant.


Article 2. Chaque (être) humain a le droit de disposer gratuitement d’un toit et d’une surface minimum pour son logement, celui-ci offrant le confort de base.


Article 3. Chaque (être) humain a le droit d’accéder gratuitement au minimum vestimentaire adapté aux différentes saisons. Pour éviter toute nouvelle fabrication inutile, ces vêtements proviennent exclusivement des stocks d'invendus des magasins et du réseau d’occasion.


Article 4. Chaque (être) humain a le droit d’utiliser gratuitement les transports publics, bus, tram, métro, RER, TER et l’ensemble des trains.


Article 5. Chaque (être) humain a le droit d’avoir accès gratuitement à la santé « essentielle », c’est à dire l’ensemble des soins à l’exception des soins de « confort ».


Article 6. Chaque (être) humain a le droit d’avoir accès gratuitement à l'éducation et de choisir librement la forme de celle-ci : école « classique », école alternative ou à la maison.


Article 7. Chaque (être) humain a le droit de choisir librement son activité. La rétribution de celle-ci est garantie par le versement d'un Revenu de base universel. Toute activité répondant à l'une des trois urgences, écologique, sociale ou démocratique, est vivement encouragée.



Comme l’explique parfaitement Nicolas Celnik dans l’article « La gratuité, une utopie concrète pour demain ? dans le numéro 36 de Socialter (Août/Septembre 2019 "Et si tout devenait gratuit") :


« La gratuité existe-t-elle seulement ? Avant d’entrer dans les détails, encore faut-il savoir clairement de quoi on parle. Dans son acception courante, la gratuité est définie comme ce que l’on donne sans faire payer ou ce dont on jouit sans payer : il s’agit de s’affranchir du prix, mais pas de la valeur. La gratuité pure, idéalisée, celle d’un don sans contrepartie, n’existe donc pas. Dun point de vue biologique par exemple, nous sommes en échange perpétuel avec notre milieu : l’air que nous respirons ne nous est pas « donné », mais provient d’interactions auxquelles nous contribuons et dont nous profitons. Il en va de même pour ce que nous pouvons donner ou recevoir quotidiennement : le don est une forme d’échange et aucun échange ne se fait sans contrepartie.

Ce qui est gratuit prend plutôt la forme de choses « payées, mais non payantes » , résume Geneviève Koubi, professeure de droit public et auteure de plusieurs travaux de recherche sur la gratuité. Plutôt que parler de biens et de services gratuits à proprement parler, il vaudrait mieux penser un modèle demarchandisation, c’est à dire « l’émancipation de la dépendance vis-à-vis du marché », écrit de son côté l’économiste danois Gota Esping-Andersen. Lorsqu’un utilisateur reçoit un bien ou un service sans le payer, c’est donc simplement qu’il n’en perçoit pas le coût ; il cotise pourtant d’une façon ou d’une autre, soit par le biais de l’impôt, soit en rendant un service en échange au sein de la communauté. Dans une société où tout serait gratuit, le coût des biens et services devrait donc être pris en charge ; toute la question est alors de savoir par qui et comment. »


Dans une étude publiée en 2017, une équipe de recherche britannique (University College London) défend l’accès gratuit à "7 services de bases universels" : la nourriture, le logement, la santé, l’éducation, les transports, le droit de vivre dans une démocratie fonctionnelle (avec des élections régulières et sans corruption) et où la loi est respectée (grâce à des avocats gratuits, par exemple) et le droit à avoir accès à une information de qualité.




DEVOIRS ET RESPONSABILITÉS


« Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants. »

Proverbe indien


Si nous ne sommes pas forcément, individuellement, coupables de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui notre maison, nous avons, collectivement, la responsabilité de changer radicalement notre rapport à la nature en admettant que nous en faisons intégralement partie et en cessant d’essayer de nous en extraire par nos modes de vie artificiels. Nous avons la responsabilité de changer radicalement notre rapport aux autres animaux, non-humains, en comprenant que nous ne pouvons leur survivre si nous les massacrons tous. Nous avons la responsabilité de changer radicalement notre rapport à la vie, à toutes les formes de vie. Nous n’avons pas plus de droits que les autres habitants de notre planète. En revanche, ce qui est sûr et certain aujourd’hui, c’est que nous avons infiniment plus de devoirs qu’eux, et notamment celui de les sauver, enfin ceux qui restent…


« L'Homme est l'espèce la plus insensée,

il vénère un Dieu invisible et massacre une Nature visible.

Sans savoir que cette nature qu'il massacre est ce Dieu invisible qu'il vénère. »

Anonyme (et non Hubert Reeves qui en conteste lui-même la paternité)



Des Droits pour la nature ?




Cela fait plusieurs mois que je réfléchis à une telle déclaration qui serait a priori une première. En effet, certains peuples ou pays ont déjà reconnu et accordé certains droits à Gaïa, à des fleuves, des montagnes ou aux arbres.


C'est le cas notamment de la Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, établie à l'initiative des peuples amérindiens et formulée à la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique avec l'ambition qu'elle soit adoptée par l'Assemblée générale des nations unies. Cette conférence s'est tenue en Bolivie à Cochabamba du 19 au 22 avril 2010, à l'initiative d'Evo Morales, premier président indien élu en Bolivie, afin de proposer des alternatives à la suite de l'échec du Sommet de Copenhague (COP15, décembre 2009).


« La Terre Mère et tous les êtres possèdent tous les droits intrinsèques reconnus dans la présente Déclaration, sans aucune distinction entre êtres biologiques et non biologiques ni aucune distinction fondée sur l’espèce, l’origine, l’utilité pour les êtres humains ou toute autre caractéristique. »

Art. 1.5 de la Déclaration universelle des Droits de la Terre Mère



Citons également la Charte de la Terre adoptée en 2000.

"Ensemble de principes éthiques fondamentaux soutenus par 6000 organisations, la Charte offre un cadre de transition vers une société reconnaissant l’interdépendance des êtres vivants ainsi que la dépendance du bien-être humain à celui des écosystèmes. Des pays s’en sont inspirés, comme l’Equateur et la Bolivie." (détails à retrouver sur le site des Droits de la nature)


« Reconnaître le lien d’interdépendance entre tous les êtres vivants ainsi que la valeur de toute forme de vie, quelle qu’en soit son utilité pour l’être humain. »

Principe I.1.a de la Charte de la Terre



La Constitution équatorienne de 2008

"Premier texte national contraignant de l’histoire à reconnaître les droits de la nature, il invite les citoyens équatoriens à en faire respecter les dispositions concernées. S’il renverse la charge de la preuve (le doute profite à la nature), le texte pâtit d’un écueil : l’absence de mécanisme d’application des droits de la terre qui relève en pratique de la volonté du gouvernement et de la mobilisation de la société civile." (détails à retrouver sur le Site web "Droits de la nature")


« La nature, ou Pacha Mama, où la vie est reproduite et se produit, a droit au respect intégral de son existence et au maintien et à la régénération de ses cycles de vie, de sa structure, de ses fonctions et de ses processus évolutifs. »

Article 71 de la Constitution équatorienne



Loi-cadre (0-71)bolivienne sur les Droits de la Terre mère de 2010

"Envisageant la Nature comme une communauté vivante dynamique composée d’êtres interdépendants au destin commun, la loi-cadre leur reconnaît une série de 7 droits essentiels qu’elle associe à un ensemble de devoirs dévolus à l’Etat et aux personnes physiques et morales. Elle institue en outre un médiateur de la Terre chargé de veiller au respect des dispositions contenues dans le texte." (détails à retrouver sur le Site web "Droits de la nature")


« Dans le but de protéger et de faire respecter ses droits, la Terre Mère prend le caractère d’un intérêt public collectif. Elle et toutes ses composantes, y compris les communautés humaines, ont droit à tous les droits inhérents reconnus dans cette Loi. »

Art. 5 de la Loi-cadre bolivienne sur les Droits de la Terre Mère





La Déclaration des Devoirs des humains envers le Vivant


Les textes officiels reconnaissant des droits à la nature se comptent donc sur les doits d'une seule main. Je vous invite à découvrir le remarquable travail du Site web "Droits de la nature".


« Les Droits de la Nature, ou Droits de la Terre, sont un ensemble de règles et principes visant à protéger les entités de la biosphère telles qu’une rivière ou une montagne en les reconnaissant comme personnes ou êtres vivants dotés de droits propres au titre de leur valeur intrinsèque. A la manière d’une entreprise ou d’une association, leur intégrité est juridiquement protégée et elles peuvent se défendre en justice en cas de violation via un tuteur ou un représentant compétent officiellement nommé. Les Droits de la Nature associent ainsi une approche biocentrique, issue notamment de la vision des peuples autochtones, à des mécanismes juridiques occidentaux. »

Site web "Droits de la nature"



Mais... aucun texte, à ma connaissance, ne nous met face à nos responsabilités en nous imposant des devoirs, un autre moyen selon moi de condamner juridiquement toute atteinte au vivant.

C'est désormais chose faite ! ;) Et je me plais à rêver de voir un texte similaire reconnu un jour (proche !) officiellement par un pays (la France ?) ou le monde.


Voici ma proposition :


Nous, humains, nous reconnaissons humblement nous être trompés. Une croissance infinie dans un monde aux ressources finies n’est ni possible, ni soutenable, ni respectueuse des autres formes de vie. La nature et ses précieuses ressources ne nous appartiennent pas, elles appartiennent à l’ensemble des membres de la grande famille du vivant.


Nous, humains, nous sommes des animaux comme les autres. Nous n’avons pas plus de droits que les non humains et nous ne sommes en aucun cas supérieurs à eux. Nous n’avons pas le droit de décider de la durée de leur vie, ni du moment de leur mort.


Nous, humains, nous n’avons aucun droit de propriété sur les non humains. Nous n’avons pas le droit de les exploiter, ni pour les manger, ni pour expérimenter des traitements thérapeutiques, ni pour les donner en spectacle, ni pour faire commerce de leur vie ou de l’une de leurs caractéristiques physiques, ni pour les massacrer. Nous avons le devoir de respecter leur vie et et de leur rendre leur liberté.


Plus que des droits, nous, humains, nous avons des devoirs envers la nature, notamment celui de lui rendre autant que possible toute la place que nous lui avons abusivement prise.



Article 1. La préservation de toute forme de vie prime sur toute autre considération, politique, économique, financière… Le Respect Absolu du Vivant (RAV) remplace le Produit Intérieur Brut (PIB) comme indicateur de référence de toute décision humaine.


Article 2. Chaque (être) humain a le devoir de respecter l’ensemble du vivant, végétal et animal.


Article 3. Chaque (être) humain a le devoir de participer à la régénération de la biodiversité végétale et animale, notamment en réparant les habitats naturels détruits, en réintroduisant des espèces animales dans leur milieu naturel, en reboisant là où c’est nécessaire, en ré-ensauvageant, et en préservant les écosystèmes existants.


Article 4. Chaque (être) humain a le devoir de contribuer le plus activement possible au nettoyage de tous les milieux naturels pollués. Toute activité par nature polluante est désormais interdite : utilisation d’intrants chimiques (pesticides, fongicides…), extraction et production d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), extraction de métaux rares et production d’énergies renouvelables, extraction de minerais (or, argent…) ou de pierres dites « précieuses » (diamant, émeraude, rubis…), abandon de déchets non biodégradables dans la nature (plastique, canettes…), rejet de produits chimiques dans les cours d’eau ou l’atmosphère, transport aérien et transport routier (remplacé par le train) - les circuits courts étant privilégiés -…


Article 5. Chaque (être) humain a le devoir de ne pas utiliser plus de ressources renouvelables que la Terre ne peut lui offrir annuellement tout en tendant vers la frugalité et le minimalisme. La réparation des objets doit être systématiquement privilégiée à la production d’un objet nouveau. Le partage de l’utilisation d’objets existants doit être systématiquement privilégiée à la propriété individuelle du même type d’objet.


Article 6. Chaque (être) humain a le devoir de n’utiliser l’eau potable que pour les apports physiologiques quotidiens et pour la cuisine. Pour toutes les autres activités, il doit utiliser l’eau de pluie ou l’eau issue de la phytoépuration.


Article 7. Chaque (être) humain a le devoir de réduire son empreinte carbone au strict minimum.



Si vous avez des propositions de bonification de cette ébauche, merci de partager vos suggestions en commentaire de cet article. ;)


Et si vous rêvez comme moi d'une autre société dans laquelle une telle déclaration pourrait voir le jour et primer sur toute loi humaine, écrivez-moi : jeanchristophe@effondrementetrenaissance.com






Crédit photo image principale : site FIRMS de la Nasa (Fire Information for Resource Management System)




______________________


Effondrement & Renaissance a une triple ambition :


1. Mieux appréhender l'effondrement

2. Comprendre les raisons de notre inertie

3. Construire une nouvelle société préservant la vie sur Terre


Si cet article vous a plu, nous vous invitons à découvrir le reste de la plateforme pour approfondir le sujet de l'effondrement.


Si vous souhaitez vous aussi vous exprimer, ça tombe bien puisque cette plateforme est collaborative. Ainsi, il vous est possible de nous recommander une ressource utile pour enrichir encore le contenu du site. Vous pouvez aussi nous adresser le fruit de votre réflexion et de votre créativité (article, coup de gueule, vidéo, dessin...).

Nous nous ferons un plaisir de publier votre oeuvre ici-même ! ;)


Pour vous abonner à la Newsletter, nous poser une question ou proposer un contenu, écrivez-nous : jeanchristophe@effondrementetrenaissance.com



681 vues2 commentaires

Enrichissez vous aussi ce site

en recommandant une ressource utile.

Merci d'avance ! ;)

Contactez-moi

 

Jean-Christophe Anna

✆ +33 (0)6 42 21 30 19

@Jchristopheanna

jeanchristophe@effondrementetrenaissance.com